"Dunsinane", un spectacle au TNP pour 5 élèves d'Arts en Scène !

Pendant plusieurs mois, 5 élèves d’Arts en Scène ont participé au formidable projet « Dunsinane » : un spectacle mis en scène par Baptiste Guiton et adapté d’un texte de David Greig, joué au TNP du 23 janvier au 8 février 2020.

dunsinane

William Burnod, Tom Da Sylva, Ludovic Payen, Clément Bigot et Léo-Paul Zaffran sont élèves en deuxième année à Arts en Scène. Depuis quelques mois, ils cumulent leur formation de théâtre et les répétitions pour le spectacle Dunsinane, mis en scène par Baptiste Guiton. Une opportunité unique pour ces élèves, futurs comédiens professionnels, qui ont pu fouler la scène du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, aux côtés de comédiens reconnus.

"Dunsinane", là où Shakespeare avait arrêté Macbeth

La forteresse de Dunsinane, c’est le château où s’est retranché l’usurpateur Macbeth à la fin de la pièce écossaise de Shakespeare. David Greig reprend la situation là où le dramaturge l’avait laissée en 1606. Le tyran meurtrier a été éliminé ; la dangereuse femme‑sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Peut‑on alors espérer la paix ? Certes, Macbeth est mort, mais son successeur, Malcolm, appuyé par l’ennemi anglais, n’est que veulerie et luxure, et Lady Macbeth, de son vrai nom Gruach, n’est pas prête à abandonner l’Écosse aux mains de ce monarque calculateur. L’harmonie et la fédération politique semblent ne pas vouloir s’installer en ce royaume.

Dans la suite qu’il invente à la tragédie de Shakespeare, sans jamais mentionner les mots « Irak » ou « Afghanistan », David Greig s’inspire des ingérences politiques contemporaines pour composer une œuvre magistrale sur la reconstruction d’un État et la question de la souveraineté. Qu’arrive‑t‑il après la chute d’un dictateur ? Sur quelle base une nation peut‑elle se relever après des années de tyrannie ?

Tom, élève d’Arts en Scène participant au projet, complète d'ailleurs en expliquant :

« A l’origine c’était ce dont voulait parler David Greig quand il a écrit la pièce. C’était de faire écho à ces conflits et parler de jeunes soldats, de questionner la légitimité politique, l’autorité politique et qu’est-ce qui se passe quand un tyran tombe. L’année où il l’a écrite, il a vu trois mises en scène différentes de Macbeth et il s’est rendu compte que la fin de Macbeth finalement, c’était clairement ce dont il voulait parler : il y a un tyran qui tombe, un début de guerre, un pays qui occupe un autre pays. C’est pour ça qu’il a écrit ça. Evidemment ça résonne actuellement, il y a plein de choses qui sont dites et des petites répliques qui font écho et qui peuvent être comprises par ce qu’on entend tous les jours. »

Une expérience à la fois pédagogique et professionnalisante pour les 5 élèves d'Arts en Scène

Tom en témoigne :

« Ce projet était incroyable. J'ai énormément appris pour mon approche et ma pratique du théâtre. J'ai côtoyé et travaillé avec des grand.e.s comédien.ne.s qui m'ont apporté leur expérience et leur vécu dont je me suis nourri pour l'apporter à mon jeu et mon théâtre. C'est un grand honneur de pouvoir participer à un si gros projet, de voir ce que c'est que de faire partie d'une compagnie, subventionnée de surcroît, de suivre toute l'aventure de montage d'une pièce, travailler avec des gens dont les propositions de jeu sont toujours impressionnantes. J'ai un rapport au travail qui a, ainsi, évolué, dans ma façon de me concentrer, de me préparer, mon rapport au sérieux et à la rigueur. »

Et quand on lui demande s’il conseillerait aux futurs élèves d’Arts en Scène de participer à de tels projets en parallèle de leur formation, il nous répond :

« Si vous avez l'opportunité et l'incroyable chance de faire partie d'un tel projet, je ne peux que vous dire de foncer ! C'est exactement ce vers quoi nous tendons tous et que nous recherchons à terme en intégrant Arts en Scène. Et une opportunité de jouer 15 dates au TNP n'est pas quelque chose qui se présente tous les jours. Alors si en plus le projet est intéressant, grand et vous plaît, c'est parfait. Que ce soit pour le réseau, pour la rigueur ou pour le niveau de jeu qui ne fait que gagner, c'est entièrement bénéfique. N'hésitez pas une seconde ! »